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Austo tolit cetero ea eam, at atqui soleat moderatiu usu, vis ut illud putent corumpi. At wisi euripidi duo, vim vide omnies reformida. Populis inimi noluise mea.

Quelles sont les réelles propriétés des eaux florales et hydrolats ?

On assiste aujourd’hui de plus en plus à un renouveau de l’hydrolathérapie, et de plus en plus de producteurs de plantes, herboristes, tisaniers, et autres se lancent dans la distillation d’eaux florales, parfois un peu à tête baissée …

Les plantes distillées sont traditionnellement plutôt des plantes aromatiques, afin d’en obtenir quelques huiles essentielles, mais on peut voir aujourd’hui des hydrolats d’ortie, de plantain, de pissenlit, d’aubépine… Je distille moi-même toutes sortes de plantes afin d’en expérimenter les différents bienfaits (comme toujours, d’abord sur moi-même avant d’en faire commerce, ce qui devrait être le cas de tout le monde…).

Cependant, à travers cet article, j’aimerai attirer l’attention sur un point qui me semble important. A ce jour, peu d’études ont été faites sur les différentes propriétés des hydrolats, et on aura tendance à leurs vouer des propriétés que l’on retrouve couramment en phytothérapie ou à défaut en aromathérapie. Une sorte d’amalgame entre la tisane et les huiles essentielles…

Mais qu’est-ce la phytothérapie? Un ensemble de méthodes proposés pour retrouver la santé par les plantes à travers les tisanes, les teintures mères, les macérats huileux, la gemmothérapie ET l’aromathérapie et l’hydrolathérapie. Pourquoi existe-t-il autant de formes galéniques pour une seule plante? Parce qu’une macération dans de l’alcool ne va pas extraire les mêmes principes actifs qu’une macération dans l’eau ou qu’une macération dans de l’huile, etc… Donc, une teinture mère n’aura pas les mêmes propriétés qu’un macérat huileux ou une tisane, même si certains principes actifs peuvent parfois se retrouver dans l’un ou l’autre, dans des proportions différentes. Il en va de même pour les huiles essentielles et les hydrolats. Lorsque l’on veut extraire une huile essentielle, la distillation à l’alambic restera le meilleur procédé. Nous aurons donc bien les propriétés des huiles essentielles contenues dans la plante (et elles n’en contiennent pas toutes), comme des cétones, des esters, des coumarines, des phénols, sesquiterpènes, etc… et non pas des mucilages, des tanins, ou encore des sels minéraux.

Pour les hydrolats, c’est encore plus complexe. Car nous pourrons y retrouver certaines huiles essentielles, mais pas toutes non plus. On va souvent créer un raccourcit en définissant l’hydrolat comme une huile essentielle fortement diluée, ce qui n’est pas tout a fait juste. On trouvera dans l’hydrolat des molécules strictement hydrosolubles, ainsi que des molécules aromatiques, comme dans l’huile essentielle, sous certaines conditions, à savoir leur polarité. Mais je ne rentrerai pas dans les détails sur ce point, et pour résumer, nous y retrouverons des aldéhydes, cétones, coumarines et lactones, alcools (monoterpénols, sesquiterpénols, diterpénols), et des phénols. Certains ethers et esters pourront y être présents. Par contre les terpènes seront pratiquement inexistants*.

Mon but ici n’est pas de vous donner un cours de biochimie, et de toute façon je ne suis pas une lumière dans ce domaine, mais il me semble important de clarifier ceci, car nous trouvons actuellement de tout sur internet et même dans pas mal de bouquins, en créant de gros raccourcis entre les propriétés courantes d’une plantes en phytothérapie et son hydrolat. Un hydrolat d’Ortie pourra avoir certaines propriétés, mais il ne sera d’aucune utilisé pour soulager vos articulations, vous reminéraliser, ou combler vos carences en fer… L’action bienfaisante sur vos articulations sera dû à la présence des sels minéraux, qui sont des substances plus “lourdes”, donc peu volatiles et ne sont pas extraites par distillation à la vapeur d’eau. La belle aubépine, riches en flavonoïdes et en sels minéraux ne vous sera pas d’un grand secours sous forme d’hydrolat si vous souffrez de tachycardie ou de troubles liés à la ménopause. Les tanins, présents par exemple dans la Reine des prés, ne seront pas extraits non plus par distillation.

Ce qui ne veut pas dire cependant, qu’une plante comme la Reine des prés par exemple, ne contiendra pas d’huiles essentielles. Le tout est de savoir si les huiles essentielles qui la composent seront présents dans l’hydrolat après distillation, et surtout, de ne pas revendiquer les propriétés d’un hydrolat de Reine des prés découlant de la présence des tanins alors qu’il n’en contient pas…

Voilà en quelques mots, quelques informations, qui je l’espère vous permettrons d’aiguiser votre discernement lorsque vous souhaitez entretenir votre santé avec les hydrolats, et encore plus lorsque vous vous trouverez un face d’un distillateur d’hydrolat qui en revendiquent des listes de propriétés interminables mais peu pertinentes… Si nous souhaitons faire perdurer ce métier de distillateur et distillatrice, et plus largement d’herboriste et de phytothérapeute, je pense qu’il est important de bien comprendre et savoir de quoi on parle, au risque de réellement finir par tomber dans le discrédit et de voir ces professions disparaître une fois que le phénomène de mode sera passé.

Un dernier point: bien sûr, lorsque l’on distille une plante, beaucoup vous parleront d’extraire “l’âme de la plante”. En effet, un hydrolat contient une énergie particulière, et le processus de distillation est tout un voyage lorsque l’on y met son coeur et sa patience. Et on pourra travailler avec les propriétés énergétiques de n’importe quelle plante distillée. Mais pour des maux bien concrets, comme par exemple une carence en fer et en sels minéraux, je doute qu’un hydrolat d’ortie (en plus à raison de 2 cuillère à soupe dilué dans un litre d’eau, ce qui est le dosage généralement recommandé) sera une véritable solution… Dans ce cas de figure, mieux vaut consommer environ 30gr de plantes pour 1 litre d’eau par jour pendant 3 semaines pour en ressentir de réels bienfaits. La tisane peut-être aussi une belle façon de se relier à une plante, accessible à tous avec les moyens du bord. Et puis l’infusion de plante est un remède ancestral, connu et utilisé de puis la nuit des temps, par tous les druides, sorcières, chamanes, et tout autre archétype ce que l’on aurait envie d’être… L’alambic, ça un petit côté fascinant, mais on y perd parfois le simple plaisir d’aller cueillir une plante et de savourer l’instant d’une bonne tisane bien préparée, et qui sera probablement tout aussi efficace, voir plus efficace que tous ses procédés alambiqués… Simplicis Herbae, les simples de la nature, alors soyons comme elles, restons simples !

 

Jess, mai 2019

 

* Les informations sur les principes actifs présents dans les hydrolats viennent du livre d’André Bitsas, “Guide des hydrolats”, le seul pour moi à ce jour vraiment fiable concernant le sujet.

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