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Austo tolit cetero ea eam, at atqui soleat moderatiu usu, vis ut illud putent corumpi. At wisi euripidi duo, vim vide omnies reformida. Populis inimi noluise mea.

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Spagyrie et Alchimie Végétale

Parler de spagyrie n’est pas forcément chose facile, il semblerait qu’il y ait autant de « spagyrie » que de spagyristes… Pour ma part, je ne me considère à ce jour non pas comme spagyriste, et encore moins alchimiste, mais bien comme une apprentie, toujours en recherche, toujours en chemin. Je tenterai ici de donner un bref aperçu de la spagyrie, puisque je me suis prise de passion pour cet art alchimique depuis 2017, et que je me passionne encore plus à trouver une façon de l’intégrer à ma démarche d’herboriste et distillatrice, mais je vous prie de considérer que mes connaissances restent encore très limitées dans ce domaine, et si le sujet vous intéresse, vous trouverez des personnes plus compétentes que moi pour en parler via cette page. C’est un art que je trouve merveilleux, et je ne peux que respecter les personnes qui y ont dédiées toute leur vie, et grâce à qui nous avons encore accès à ces connaissances, ainsi que les personnes  qui aujourd’hui continuent à nous partager leurs expériences. De ce fait, même s’il m’arrive de me définir comme spagyriste afin de faciliter la communication inhérente à mon travail, je ne pourrai revendiquer être autre chose qu’une apprentie en chemin, et sans fausse modestie, assumer que mes connaissances sont très limitées. La définition que je vous donne de la spagyrie est celle qui m’est la plus courante d’entendre, et que je choisis de vous partager ici afin de clarifier quelque peu ma démarche et mon travail pour ceux qui n’auraient pas la moindre idée de ce dont on parle…

Qu'est-ce que la Spagyrie?

La spagyrie serait une branche plus thérapeutique de l’alchimie, donc plus orientée vers la santé. Beaucoup traduiront la spagyrie comme « alchimie végétale », mais il est possible de rencontrer également d’autres règnes, comme le minéral par exemple.

« Solve et Coagula » dissout et coagule…

Le terme « Spagyrie » nous viendrait de Paracelse, médecin suisse-allemand (1493 à 1541). Du grec « Spao », Séparer, et « Ageiro », Réunir, la spagyrie se définit donc comme « l’ art de séparer les constituants d’un corps pour ensuite les rassembler » en vue de réaliser une quintessence, libérée des vicissitudes accumulées au cours de l’existence, et d’en retrouver l’énergie vitale originelle et sublimer son plein potentiel thérapeutique.

 

L’élixir spagyrique sera bien supérieur à une extraction plus classique comme les teintures hydro-alcooliques (macérations de plantes dans de l’alcool), puisque celui-ci contiendra un plus grand nombres d’éléments curatifs, y compris les oligo-éléments (les cristaux de Sel), généralement absents des teintures et extraits traditionnels. L’élixir spagyrie pourra ainsi exercer une action à la fois physique et énergétique, c’est à dire à la fois sur le corps, mais également sur l’âme et l’esprit, ce qui en fait un remède très puissant. A ce remède très puissant, il faudra encore trouver une façon de l’assimiler, sa force en étant grandement décuplée. C’est pourquoi afin de soutenir l’être dans son processus de guérison, on lui trouvera différentes formes assimilables souvent proches de l’homéopathie.

Séparer et réunir, l'alchimiste proche de sa matière

Pour illustrer un procédé spagyrique, de façon simple, basique et très résumé, nous allons considérer une plante que nous allons “purifier” de ses impuretés accumulées au cours de son existence, puis les réunir en vue d’en obtenir un élixir ou une “Pierre végétale”.

Basiquement, nous allons tenter de purifier 3 composants principaux d’une plante (ou d’un être), à savoir le Mercure, le Soufre, et le Sel, que nous allons extraire suivant divers procédés, pour dans un premier temps les purifier.

 

Le Mercure, volatile, sera plutôt  féminin et se rapprochera de “l’âme” de la plante. Tous les fluides présents dans l’univers comme la pluie ou la rosée peuvent exprimer ce principe.

 

Le Soufre, le feu, actif, se rapprochant plutôt d’un principe masculin, s’apparente à l’esprit, “pneuma”. Il se manifestera plutôt sous forme d’huiles, d’essences, de résine dans les végétaux.

 

Enfin le Sel, qui au sens stricte n’est pas un principe mais plutôt l’union du Soufre et du Mercure, soutient, donne la fixité. On l’extrait en calcinant une plante, puis en purifiant ses cendres par l’eau, cette même eau que nous ferons ensuite évaporer pour en récupérer les sels cristallisés.

 

Une fois ces trois éléments obtenus, nous les réunirons afin d’obtenir notre élixir que nous placerons en couveuse, notre “athanor”, afin de le laisser mûrir. Viendra ensuite le moment de l’ouverture et l’élaboration d’une forme ou l’autre en vue de rendre cet élixir (quelque peu puissant) assimilable.

 

Plusieurs étapes de purification seront donc nécessaires, ce qui peut conduire l’alchimiste-spagyriste à vivre intérieurement de profondes transformations. En y mettant vraiment sa conscience et son coeur, le travail « alchimique » pourra vraiment opérer une réelle transe-formation en nous. Il convient de rester le plus proche possible de sa matière, et en ce qui concerne nos amies les plantes, de se relier avec l’âme végétale afin de nous permettre d’en recevoir les trésors de sa médecine. C’est, de mon point de vue personnel un travail qui peut être intense, et qui demande une réelle présence et sincérité dans son coeur afin d’œuvrer toujours en accord avec la plante, et libéré de tout désir de profit et satisfaction personnel. Paracelse dénonçait fortement les mauvaises conduites de la médecine de son époque et l’avarice des médecins, et je ressens également que ce n’est qu’en se mettant au service du monde végétale avec humilité et bienveillance que nous pourrons entrer en résonance avec la richesse de l’alchimie et la transe-formation qui peut s’opérer en nous et autour de nous. C’est un travail qui demande beaucoup de rigueur, de patience, de générosité, et surtout beaucoup d’amour, on ne l’oublie que trop souvent… Et c’est près de sa matière, au laboratoire, que l’alchimiste acquerra ces qualités, sa matière étant le reflet de son être intérieur. Ora et Labora…

Mon parcours avec la spagyrie et l'alchimie

C’est toute jeune que je suis tombée sur de nombreux ouvrages ayant trait à l’alchimie et à l’hermétisme dans la bibliothèque de mon papa, mais cela est resté pendant des années relativement « obscures » pour moi. J’ai cependant toujours continué à aiguiser ma curiosité en lisant quelques ouvrages, notamment La table d’Émeraude autour de mes 25 ans, auquel je n’ai pas compris grand chose… Puis c’est finalement à travers la danse et ma vois spirituelle que j’ai pu comprendre en moi le sens d’une transe-mutation… A plusieurs reprises, j’ai pu expérimenter de quelle manière il est possible de partir de ses propres névroses comme source de connaissance, de transe-formation et d’éveiller un certain potentiel de sagesse, pour en arriver progressivement à se re-co-naître et à transformer avant tout notre propre matière, à savoir notre corps, en ce qui me concerne par la danse, et purifier notre esprit, pour ma part par la prière et par ma voie spirituelle. dans ma vie est ensuite arrivé l’alambic et la distillation de plantes médicinales… Je me suis prise de passion pour les eaux florales, avec la joie de me retrouver aussi proche des plantes et des éléments tel que le feu, l’eau, la terre, l’air… Tout cela contenue dans un espace remplit d’histoires… Cette rencontre a radicalement changé ma façon de travailler avec les plantes médicinales. J’ai toujours intuitivement travaillé avec mes plantes et mes préparations en fonction des astres, des cycles de la lune, et bien d’autres formes de « rituels » inspirés par la nature, en veillant autant que possible à mon état d’esprit et à l’intention que je pose quand je suis en lien avec une plante, mais la distillation m’a amenée à communiquer avec l’âme végétale d’une façon encore plus profonde. Peu de temps après, fin 2017, j’ai découvert le terme « spagyrie », essayant quelques expériences de ci de là, à travers quelques ouvrages ou par la magie d’internet à notre époque… Puis à travers différents stages et rencontres, j’ai découvert une façon de voir l’alchimie « simple et heureuse » sans mysticisme exagéré. Avec le temps, l’expérience, et mes propres recherches, j’ai pris confiance en mon intuition et décidé d’embrasser pleinement cette rencontre avec l’alchimie, et particulièrement la spagyrie.

Depuis lors j’expérimente d’autres voies, je peaufine ma recherche, j’étudie auprès de nouvelles personnes, et je m’inspire des travaux de spagyristes et alchimistes qui nous ont précédés, toujours dans le but de m’améliorer et de pouvoir proposer une médecine du coeur, et non pas juste un procédé de laboratoire (pharmaceutique…).

Herboristerie et Spagyrie

En me dédiant à la spagyrie, et particulièrement à l’alchimie végétale, j’ai expérimenté différents procédés qui m’ont amenés à faire des liens intéressants avec la galénique traditionnelle de l’herboristerie. Avec amour et de passion, je cherche à réunir ces deux disciplines, et j’intègre donc mes expériences avec la spagyrie dans mes préparations d’herboriste. Je ne me sens absolument pas prête à ce jour à vendre des élixirs spagyriques fraîchement sortie de la couveuse, car c’est un procédé qui pour moi demande une réelle intégration dans le temps, et chaque plante me fait travailler intensément et en profondeur. Je pense qu’il faut pouvoir être patient et que cela demande beaucoup de temps (chose difficile et précieuse à notre époque…) avant de recevoir, intégrer, et assimiler la subtile médecine d’une plante, et pouvoir faire face à ce qu’elle peut venir bousculer dans notre vie. C’est pourquoi je ressens qu’il est encore beaucoup trop tôt pour moi de partager mes élixirs tel quel, et je ne me sentirai pas en accord avec moi même d’en retirer de l’argent.

Cependant je reste passionnée de plante médicinale et le désir de soigner, guérir, et apaiser les maux du corps et du coeur reste une priorité dans ma démarche. J’ai sans conteste pu éprouver l’efficacité de la spagyrie et tout autant de l’herboristerie, et j’observe que certaines expérimentations, que ça soit dans l’élaboration d’un élixir ou dans certains principes alchimiques, s’intègrent merveilleusement à certaines de mes préparations, en particulier les baumes, que je partage sous l’appellation « Baumes Alchimiques ». Amoureuse autant de la spagyrie que de l’herboristerie traditionnelle, J’ai commencé  à travailler un procédé spagyrique combiné avec un élixir spagyrique de Rose et mes premiers baumes à lèvres « Mots d’amour » ont vu le jour en janvier 2019. J’ai également peaufiné et amélioré la formule de mon « Baume au Coeur », toujours à travers différents procédés et élixirs spagyriques. Tous mes baumes ne sont pas emprunts de procédés spagyriques, mais certains sont le fruits d’un travail précis et concrets sur l’action que je recherche, tant au niveau du corps, que de l’esprit et l’âme. C’est une recherche que je continue à suivre de tout mon coeur, et j’étudie et expérimente actuellement d’autres procédés (comme travailler avec l’eau d’orage, la rosée, etc…), pour proposer une approche et une philosophie spagyrique et alchimique à d’autres préparations issues de la transformation de plantes médicinales, mais aussi à mon travail avec les parfums, la danse, et le corps poétique.

 

Enfin, je voudrai partager, en toute humilité, une dernière réflexion sur cette belle affinité entre alchimie, spagyrie et herboristerie.

 

J’observe qu’aujourd’hui nous assistons à un renouveau de l’herboristerie, mais également un peu plus discrètement de l’alchimie végétale et la spagyrie. Je ne donne que quelques années avant que ces deux disciplines soient pleinement confondues. Cependant, il me semble vraiment très important, autant du côté des spagyristes que des herboristes (et je me le répète sans cesse à moi même), que chacun ait une réelle connaissance de son travail. On ne s’improvise pas alchimiste ni spagyriste, au vu de l’ampleur de ce qui a été réalisé avant nous, par humilité et respect envers nos anciens, mais également par prudence et bienveillance envers les personnes à qui nous partageons nos « remèdes ». Il en va de même pour l’herboristerie. C’est un art ancestral sacré qui place les plantes médicinales au coeur de la santé holistique mais avec une connaissance précises des vertus et poisons (que nos grands-mères maîtrisaient certainement, mais c’et de moins en moins le cas à notre époque…), qui se doit d’être prescrit correctement, et tout comme les herboristes ne s’improvisent pas spagyristes, il me semble que tout spagyriste-alchimiste devrait s’assurer d’une réelle connaissance approfondie des plantes avant de faire des liens entre ces deux disciplines et proposer diverses formes de préparations ou thérapies à base de plantes médicinales. Ceci par éthique, respect et bienveillance envers les personnes à qui nous adressons notre travail, et encore une fois, par respect pour le travail considérable des personnes qui ont fait le chemin avec humilité avant nous, et aux alchimistes d’aujourd’hui qui partagent leurs connaissances à cette nouvelles générations d’herboristes-alchimistes amoureux de le nature que nous sommes 🙂

 

Pour terminer, je souhaite remercier toutes les personnes, alchimistes, spagyristes, herboristes, pharmaciens, tisanières, producteurs de plantes médicinales, et tous les autres de m’avoir partagé, de me partager, et ceux qui le feront dans le futur, cette précieuse médecine autour des plantes et du vivant. Vous trouverez via cette page diverses personnes et références autour de ces différentes disciplines, dont la plupart vous expliqueront bien mieux que moi cette voie magnifique avec le monde végétale, sa magie et sa poésie.

Jardin Alchimique